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PSYCHOTRAUMATOLOGIE ET THÉRAPIE EMDR

Les traumatismes ne se mesurent pas seulement à la gravité apparente de ce qui s’est passé, mais à l’impact que l’événement, la relation ou la situation a eu sur la personne qui l’a vécu. Un même événement peut laisser une empreinte très différente selon l’histoire, l’âge, les ressources disponibles, le contexte et le soutien reçu.

La psychotraumatologie s’intéresse à ces vécus qui continuent d’agir dans le présent, même lorsqu’ils appartiennent au passé. Il peut s’agir d’un événement unique, d’expériences répétées, de violences, d'agressions, de négligences, d’un climat d’insécurité, d’une relation d’emprise, d’un accident, d’un deuil ou d’autres situations ayant dépassé les capacités d’adaptation de la personne.

Un traumatisme n’est pas seulement un souvenir douloureux : lorsqu’une expérience n’a pas pu être intégrée, elle peut rester active dans le corps, les émotions, les pensées, les réactions ou les relations. Cela peut se manifester par de l’hypervigilance, des flashbacks, des évitements, des cauchemars, de la dissociation, des troubles du sommeil, des sensations corporelles envahissantes ou encore une impression de ne jamais réussir à se sentir réellement en sécurité.

LA THÉRAPIE EMDR

 

Je suis praticienne EMDR certifiée EMDR France.

L’EMDR, pour Eye Movement Desensitization and Reprocessing, est une thérapie intégrative utilisée notamment dans le traitement du trouble de stress post-traumatique et des vécus traumatiques. Elle ne consiste pas simplement à “faire des mouvements oculaires”. L’EMDR repose sur un modèle précis du traitement de l’information : l’idée que certaines expériences, lorsqu’elles ont été trop intenses ou trop précoces, peuvent rester mal intégrées et continuer à se réactiver dans le présent. Le travail en EMDR vise à aider le cerveau à retraiter ces souvenirs ou ces vécus, afin qu’ils puissent progressivement être reliés au passé, plutôt que continuer à déclencher les mêmes réactions émotionnelles, corporelles ou cognitives dans le présent. L’objectif n’est pas d’effacer ce qui s’est passé. Il s’agit plutôt que le souvenir perde sa charge envahissante, que la personne puisse y repenser autrement et que certaines réactions associées deviennent moins présentes ou moins douloureuses au quotidien.

COMMENT SE DÉROULE LE TRAVAIL ?

Un accompagnement en psychotraumatologie ne commence pas immédiatemment par un travail direct sur les souvenirs traumatiques. Les premières étapes permettent d’abord de mieux comprendre votre histoire, vos symptômes, vos ressources, vos difficultés actuelles et ce qui vous amène à consulter. Il s’agit aussi d’évaluer ce qui est possible, à quel rythme et dans quelles conditions. Avant tout retraitement, un temps de préparation est souvent nécessaire. Ce temps peut permettre de travailler la stabilisation, la régulation émotionnelle, les ressources, la sécurité, la compréhension des réactions traumatiques ou encore les difficultés dissociatives lorsqu’elles sont présentes. Le travail thérapeutique peut ensuite prendre différentes formes selon la personne, son histoire et ses besoins : psychoéducation, stabilisation, travail sur les mécanismes de survie, compréhension de l’attachement, repérage des déclencheurs, travail corporel, ou retraitement EMDR lorsque cela est indiqué. En EMDR, le retraitement se fait progressivement. Il ne s’agit pas de replonger brutalement dans les souvenirs, ni de forcer la personne à raconter en détail ce qu’elle a vécu. Le travail se fait dans un cadre précis, avec des étapes, des points de sécurité, et une attention constante à ce que la personne peut tolérer.

POURQUOI CONSULTER EN PSYCHOTRAUMATOLOGIE ?

 

Un accompagnement spécialisé peut être utile lorsque certaines expériences continuent d’avoir un impact dans le présent, même si elles sont anciennes, floues, minimisées, ou difficiles à nommer.

 

Cela peut concerner notamment :

  • Des violences physiques, psychologiques, sexuelles ou conjugales ;

  • Des agressions, humiliations, menaces ou situations d’emprise ;

  • Du harcèlement, de la maltraitance, des négligences ou une insécurité précoce ;

  • Des accidents, interventions médicales difficiles, deuils ou événements brutaux ;

  • Des relations qui ont laissé une empreinte durable ;

  • Des souvenirs envahissants, fragmentés ou au contraire difficiles d’accès ;

  • Une hypervigilance importante ou une impression d’être toujours en alerte ;

  • Des réactions émotionnelles qui semblent “disproportionnées” ;

  • Des évitements, blocages, peurs ou sensations corporelles difficiles à comprendre ;

  • De la dissociation, un sentiment de déconnexion ou d’irréalité ;

  • Des difficultés relationnelles liées à l’attachement, à la confiance ou à la sécurité dans les liens...

Il n’est pas nécessaire d’avoir un diagnostic déjà posé pour consulter.

 

UNE APPROCHE PROGRESSIVE ET INTÉGRATIVE

 

Le travail autour du trauma demande du temps, de la prudence et un cadre suffisamment sécurisant. Mon approche ne se limite pas au retraitement des souvenirs. Elle prend aussi en compte le corps, les émotions, les mécanismes de protection, l’attachement, les relations, la dissociation, les croyances sur soi, et les stratégies qui ont parfois permis de tenir pendant longtemps. Certaines protections peuvent avoir été indispensables à un moment donné : se couper de ses émotions, tout contrôler, éviter, minimiser, s’adapter, se figer, fuir, se surinvestir, ou rester en alerte permanente. Le travail thérapeutique ne consiste pas à les juger, mais à comprendre pourquoi elles ont été nécessaires, ce qu’elles coûtent aujourd’hui, et comment d’autres possibilités peuvent progressivement émerger. La thérapie ne vise pas à effacer l’histoire. Elle peut en revanche aider à remettre du lien, du sens et de la sécurité là où certaines expériences ont laissé de la peur, de la confusion, de la honte, de la culpabilité ou un sentiment d’impuissance.

À NOTER

La thérapie EMDR n’est pas proposée de manière automatique. Elle dépend de votre demande, de votre situation, de votre stabilité actuelle, de la présence éventuelle de dissociation, et de ce qui semble cliniquement indiqué. Dans certaines situations, le travail portera d’abord sur la stabilisation, la compréhension des symptômes, les ressources, la sécurité dans le quotidien ou la régulation émotionnelle avant d’envisager un retraitement plus direct.

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